A Milly-la-Forêt, les agriculteurs bio poussent comme des champignons !

Milly-la-Forêt (91), le 19 juin 2018

 En balade dans le parc du Gatinais français, on est allé jeter un oeil à la Plaine de Milly, endroit dans lequel il se passe un phénomène rare en Ile-de-France : Six exploitants agricoles travaillent en bon voisinage, en agriculture biologique dans des exploitations à taille humaine. On y trouve des fruits, légumes, céréales, herbes aromatiques, oeufs, volailles… De quoi faire la joie des membres des AMAPs (Association pour le Maintient d’une Agriculture Paysanne) du coin. On a discuté avec Victor, la petite trentaine, installé depuis près d’un an en maraichage sur une ferme de 5 hectares. 

La clope au bec, et malgré un emploi du temps chargé (il doit livrer une AMAP en fin de journée), Victor prend le temps de nous faire visiter sa ferme, et de nous parler de son métier.

« En ce moment, les haricots verts poussent super vite, je dois récolter tous les deux jours. Du coup, mes AMAPiens ont plein de haricots dans leurs paniers ! Au début de l’année, on produisait énormément. Du coup, les paniers d’AMAPs étaient hyper garnis. Je les avais prévenu qu’il fallait profiter, parce que peut être que plus tard dans l’année, la récolte allait être moins bonne. Mais finalement ça n’a pas eu lieu. Donc il y a plusieurs AMAPiens qui sont passés à un abonnement demi-panier, parce qu’ils arrivaient pas à tout manger !

– Peu importe combien tu produis, tu donnes tout à tes AMAPiens, même si il y en a trop ?

Bah pour moi c’est comme ça que je vois les choses. C’est ça la solidarité d’une AMAP, c’est que lorsque la récolte est bonne, les AMAPiens ont plus, mais qu’en cas de mauvaise récolte, ils acceptent d’avoir moins. Mais là c’est vrai que je commence à me demander parce que parfois, il y a vraiment trop…

– Et tu n’as pas pensé à travailler avec d’autres AMAPs ?

– Le problème c’est que ça prend du temps : il faut aller livrer, ça prends toute une soirée. Déjà, avec deux AMAPs, ça me fait 2 soirées par semaine. On travaille aussi avec une petite AMAP pas loin d’ici, mais comme il s’agit que de quelques paniers, ma femme peut aller les livrer avec la camionnette, et je peux rester à la ferme. Le mieux pour moi, ça serait que les AMAPs avec lesquelles je travaille grossissent un peu… »

Victor produit trop ! Des problèmes de riche, on se dit ! A l’aise ! En fait, c’est un peu plus compliqué que ça…

« Au mois de mai, il a fait super beau, et comme ici, on n’a pas de problème d’eau, c’était parfait pour nous. Mais là, en juin, avec toute la pluie qui est tombée et les 25°C, c’est le pire pour le développement des maladies. En ce moment, on n’arrête pas de balancer des salades, parce que le cœur pourrit. »

On passe devant ses plants de tomate.

« Au début, ça poussait super bien… Mais là, depuis quelques temps, ça stagne… En plus, avec l’humidité et la chaleur de ces derniers jours, le mildiou commence à les attaquer. Du coup, je coupe les feuilles, en bas, pour que l’air puisse circuler. Je mets aussi du cuivre. Je traite jamais en préventif, normalement, mais là, tous les voyants étaient au rouge. »

Changement de sujet. On commence à discuter de l’organisation d’un événement qui aura lieu sur la ferme d’à côté au mois du septembre. (attention,article à venir !)

« J’ai pas pu aller à la dernière réunion. On vient de repiquer des oignons, et du coup je devais absolument arroser le soir. »

Victor ne travaille pas en 35 heures, et ne quitte pas le champ à 17H30 pétante… Maraicher, et encore plus en bio, c’est un boulot  plus qu’à plein temps. D’ailleurs, pour toujours être sur place, lui et sa femme, qui l’aide sur la ferme, habitent pour l’instant dans un mobil-home situé sur l’exploitation. Ils attendent le permis de construire, pour pouvoir aménager une partie de la grange en habitation.

C’est vrai qu’en voyant tous ces fruits et légumes bien propres, bien formés et bien luisants sur les étals de nos supermarchés, on oublie souvent que derrière, il y a des agriculteurs, qui bossent dur, avec passion et sans compter leurs heures. Et qu’ils sont à la merci des aléas climatiques. Victor à une chance , lui, c’est qu’il n’est pas à la merci de la grande distribution et de leurs pratiques moyennement solidaires…

Les légumes ne se jettent pas tous seuls dans nos caddies, et parfois, c’est cool d’aller vérifier de temps en temps pour s’en rappeler !

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