Au cœur du cortège des « casseurs », une autre version des faits

Paris, le 2 mai 2018

Hier, un membre du P’tit Gavroche s’est mélé au cortège de tête de la manifestation parisienne du 1er Mai, pour se faire son propre avis sur ce qui s’y passait. En effet, on s’attendait à des débordements, et à un traitement médiatique et politique indigne. On n’a pas été déçus. On vous relaye son témoignage tel quel et écrit à chaud.

« Comme je vois circuler pas mal de trucs sur les casseurs des manifs qui ont mis en danger les manifestants, je me permets un petit témoignage à valeur de clarification.

Dans le cortège de tête, qui est à dissocier du cortège syndical, personne n’est mis en danger par les casseurs. La solidarité y règne, les gens s’entraident les uns les autres, et les personnes blessées, asphyxiées par les lacrymos ou prises de panique sont très vite évacuées par des « street médic ». Le sérum physiologique et des bombes de désinfectant, l’eau, les médocs sont distribuées à tout le monde.

Pour la manifestation d’hier :

Lors du départ d’incendies du McDo : un service interne au cortège de tête est intervenu de suite avec des extincteurs pour éteindre les quelques flammes. Le cortège s’est écarté pour laisser passer un camion de pompier, qui a constaté que le feu était éteint. Le camion est ensuite resté dans le cortège.

Lorsque les voitures se sont mises à flamber, le cortège s’est de nouveau écarté pour laisser passer le camion de pompiers.

Et c’est ce moment là que les CRS ont choisi pour inonder le boulevard de lacrymos, en les balançant au milieu de cortège. Un mouvement de foule s’est créé, et les pompiers n’ont pas pu intervenir.

Le mouvement de foule s’est transformé en mouvement de panique quand les CRS ont continué à gazer au milieu du cortège. Une grande partie s’est retrouvée nassée et coincée contre les grilles fermées du jardin des plantes. Certains ont escaladé les grilles affublées de piques pour s’en sortir, quit à se mettre en danger. Des gens asphyxiés étaient compressés contre les grilles. La foule hurlait à un gardien, à l’intérieur du jardin, d’ouvrir la grille, ce que celui-ci a fait après un certain temps, évitant, sans doutes, des morts ou des blessés graves à ce moment.

Le CT a ensuite reculé devant le jardin des plantes, puis sur le pont. A ce moment là, les CRS ont relancé des salves massives de lacrymo, créant un mouvement de foule sur un pont ! SUR UN PONT !!!! Et ce, alors que le CT avait rejoint le cortège syndical. Les flics ont donc gazé le cortège syndical, et son lot de vieillards et de familles. Le mouvement de panique sur le pont a été hyper dangereux, des gens se penchant sur les rebords pour pouvoir respirer, d’autres courant pour s’en sortir. Ce sont les fameux « casseurs blackblock » qui, équipé de gants, ont pu se saisir des grenades lacrymo et les balancer dans la Seine, rendant l’air respirable.

Le gazage s’est calmé quelques minutes, le temps que les camions de syndicat fassent demi-tour. Aussitôt le dernier camion disparu, le bombardement a repris de plus belle, jusqu’à ce que le CT se scinde, et que les CRS arrivent à en nasser une bonne partie, qui avait monté une barricade. Le nassage des flics a créé un mouvement de panique chez les manifestants (qui n’étaient plus uniquement composé du cortège de tête. Tout le monde a couru, certains sont tombés, relevés immédiatement par d’autres.

Pour l’image, l’air était enfumé du pont d’Austerlitz à la Bastille…

Les affrontements et les interpellations ont fait suite à tout ça..

Alors je ne suis pas là pour lancer un débat sur l’intérêt ou pas, la légitimité ou pas de saccager un mcdo etc… Et de débattre sur l’intérêt des affrontements violents avec la police…

Par contre, il est indigne de la part des politiques, syndicats et civiles qui ne connaissent rien au sujet, de dénoncer le CT comme responsable de la mise en danger des autres manifestants.

Ces gens là s’en prennent souvent aux biens qu’ils considèrent représentatifs du monde capitaliste, rarement aux flics (1 blessé léger hier), jamais aux autres manifestants (en tout cas pas hier).

Je ne suis généralement pas amateur du cortège de tête, j’y suis allé hier parce que je savais que ça allait péter, et que je voulais me faire mon avis plutôt que d’entendre en boucle les conneries des médias et les communiqués de presse de la préfecture…

Résultat : nous avons tous et toutes été mis dans des situations de danger par la police et sa répression. A aucun moment par « les casseurs ultra violents », qui, eux, sont solidaires de tous les manifestants, et qui sont équipés pour protéger les autres. »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s