Des parents d’élèves se mobilisent pour l’écologie dans les quartiers populaires

Montreuil, le 22 novembre 2018

Ce soir, à Montreuil, une soixantaine de personnes se sont réunies sous l’initiative de l’association EEM (Ensemble pour les Enfants de Montreuil). Sandra Regol, porte parole d’Europe Ecologie les Verts, et Fatima Ouassak, politologue et membre d’un syndicat de parents d’élèves, était invitées à répondre à la question suivante : comment amener l’écologie au sein des quartiers populaires ? Retour sur cette soirée…

Pour entamer la soirée, l’association présente sa première victoire : avoir obtenu de la part de Patrick Bessac, Maire de Montreuil, la possibilité de mettre en place une alternative végétarienne à la cantine. Et cette première victoire est essentielle, car pour Fatima Ouassak, « l’alimentation, c’est la première chose sur laquelle on a prise. Et cette victoire sur l’alternative végétarienne nous a donné confiance pour mener d’autres combats. » Et les combats sont nombreux à mener…

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D’abord combattre l' »écologie mainstream ». S’appuyant sur un extrait du film Home de Yann Arthus Bertrand (financé en majorité par le groupe du luxe Pinault-Printemps-Redoute, bien connu pour sa philanthropie), les deux intervenantes dénoncent une vision de l’écologie se basant sur la responsabilité individuelle, sur le modèle « c’est votre faute ». Pas de remise en cause du capitalisme, et de sa prédation sur l’environnement. Pas de dénonciation des grands groupes financiers et autres multinationales, et de leur appétit insatiable.

L’écologie est totalement dépolitisée, détachée de la question sociale. Peu importe que les zones les plus fragiles écologiquement soient souvent les plus pauvres, peu importe que manger des produits sains et écologiques coûte trois fois plus cher que de manger de la Junk Food[1]

Pour Fatima Ouassak, cette écologie mainstream fait partie des outils que met en place le capitalisme pour survivre à la crise environnementale. Et de revenir sur cette phrase du Guépard, de Visconti : « Il faut tout changer pour que rien ne change. »

Alors, comment repolitiser l’écologie, se la réapproprier ?

D’abord en combattant la honte : « Quand on a honte d’habiter où on habite, on ne va pas s’organiser pour aller se mobiliser ». Combattre la honte en se réappropriant les outils des classes dominantes, qu’ils soient philosophiques, scientifiques, techniques. Se réapproprier l’information. Mais aussi créer ses propres références.
Se sentir chez soi, et légitime chez soi, pour enfin pouvoir s’organiser, se mobiliser.

La lutte écologique et sociale, c’est avant tout une lutte pour se réapproprier l’espace. Un espace de plus en plus privatisé, un espace de plus en plus composée de lieux de circulation plutôt que de lieux de vie. Un espace sur lequel on a de moins en moins de prise. 46513827_2066648183417036_4455843374905163776_n

Et ce ne sont pas les occasions qui manquent de se réapproprier l’espace, dans les quartiers populaires. Exemple avec la question des ascenseurs :

En quoi une panne d’ascenseur peut avoir des impacts sur la cohésion sociale, ou être une question écologique ?

Pour Sandra Regol, les pannes d’ascenseurs sont une véritable « assignation à résidence programmée ». Par l’obsolescence programmée. Ce sont des personnes agées, handicapées, des parents avec enfants en bas âge, à qui l’on interdit d’habiter le quartier, qu’on repousse entre le quatre murs de leur appartement. 
Ce sont donc des enfants qu’on enferme, qu’on pousse devant les écrans. Les écrans, et toutes les publicités qui y défilent. Il ne faut donc pas s’étonner que les jeunes de ces quartiers aient du mal à remettre en cause la société de consommation. Et comment parler d’écologie si l’on vit pour la consommation ?
La question des pannes d’ascenseur, c’est avant tout une question de dignité des personnes habitants les lieux. Mais, on le voit, c’est aussi une question politique, et écologique.

Voilà ce que peut être l’écologie dans les quartiers populaires : Se mobiliser sur le terrain, sur les problèmes du quotidien, réinvestir l’espace, l’habiter plutôt que de seulement y passer. Et c’est en réinvestissant son espace de vie que l’on peut reprendre le pouvoir sur sa perceptions du monde.

Pas d’écologie sans justice sociale. Et sur ce terrain là, les quartiers populaires peuvent montrer la voie.

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