On a goûté la mobilisation étudiante sauce Cnews… Et on aime pas trop l’arrière goût…

Paris, le 3 avril 2018

Ce matin, c’est jour de grève, et jour de blocage !

Levé  5h30 du matin, pour aller bloquer la fac ! Affaire pliée en 20 grosses minutes.

A 10 heures se tient l’Assemblée Générale dans le hall d’entrée ; on est plus de 300, presque le double de la dernière fois ! Tout le monde peut prendre la parole.  Ça argumente, applaudit, se contredit, s’engueule… Ça échange, quoi !

Certains sont à l’aise, savent parler en publique. D’autres bafouillent un peu, se perdent dans leurs pensées, stressent devant autant de monde !

Certains, embarqués par la passion, se lancent dans la description des idéaux que l’on défend ! D’autres racontent modestement leur histoire, comme Jordan, étudiant en 2ème année de Géographie : « Il y a deux ans, quand je suis allé au salon de l’étudiant, j’ai vu cette formation à l’école Epitech ! Ça avait l’air mortel ! Mais ça coûtait 6000 € l’année. Je ne pouvais pas m’inscrire. Je suis finalement arrivé en géographie ici, et ça me plait, je pense à faire de la recherche plus tard ! Eh bah moi, typiquement, si les frais de fac avaient été plus élevés, j’aurai jamais pu arriver ici ! C’est pour ça que je me bats, pour que d’autres puissent profiter de la même chance que moi ! »

 

On s’écoute, on se laisse parler, on se respecte ! Bref, on essaye de mettre en place cette fameuse démocratie dont on entend tant parler depuis qu’on est petits, et qu’on a pourtant rarement vu dans la vie de tous les jours.

 

Après deux heures de débat, l’AG décide à la grande majorité de maintenir le blocage pendant 3 jours !

Applaudissements, cris de joie ! Sauf que maintenant y a du boulot ! Il faut s’organiser ! Alors qu’une partie des étudiants partent en manifestation pour soutenir les cheminots, d’autres restent pour organiser la vie sur place.

On crée des commissions : Commission courses, commission matos, commission ateliers, commission parlementation avec la direction, etc.

Au bout d’une heure de cette terrible « anarchie » dont on entend aussi beaucoup parler depuis qu’on est petits, un petit groupe d’une vingtaine d’étudiants se retrouve en cercle à débattre de la place des femmes dans les débats publiques. Quelques étudiants discutent sur les possibilités de mettre en place un atelier d’improvisation théatrale pour le lendemain. D’autres encore, appellent des professeurs, pour leur demander si ils voudraient bien donner des cours informels ouverts à tous… Bref, c’est pas grand chose, mais on est fiers de ce qu’on fait…

A 17 heures, je repasse chez moi, chercher mes affaires pour dormir à l’université… Zap, j’allume la télé pour avoir quelques nouvelles de la manifestation… DAMNED ! Je tombe sur Cnews… 15 secondes d’images sur le mouvement étudiant, et qu’est-ce qu’ils montrent ? Des mecs en train de s’empoigner devant l’entrée d’une fac ! L’objectivité journalistique dans toute sa splendeur !!!

Putain !

Et puis je me reprends : S’ils mettent autant d’énergie et de mauvaise foi à nous dénigrer, c’est peut être qu’ils sentent le vent tourner… C’est qu’un vent de printemps commence à se lever…

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