On a lu « Les raisins de la colère » de John Steinbeck

Montreuil, le 09 mai 2018

Les raisins de la colère, c’est l’histoire d’une famille de métayers durant la crise de 1929. L’histoire d’une famille plongée dans la misère et l’exil par le capitalisme, emportée par la modernité, balayée par la crise financière.

Ce sont les amitiés qui se créent et se défont au long de la route, et le regard de l’autre qui voit notre arrivée comme un danger pour sa propre survie.

C’est l’histoire de ce monde du tous contre tous où seulement les plus forts survivent. Mais c’est aussi l’histoire de la colère sourde qui monte chez les exploités, et de ce monde qui résiste malgré tout, celui des solidarités, de l’entraide, qui poussent les hommes à s’insurger contre l’injustice.

On a recueilli quelques extraits de ce chef d’oeuvre de la littérature américaine, en espérant vous donner envie de le lire. Et pour les flemmards et les myopes, un très bon film en a été tiré :

« Y’a pas de péché, y’a pas de vertu. Y’a que ce que les gens font. Tout ça fait partie d’un tout. Et il y a des choses que les gens font qui sont belles et y’en a d’autres qui n’sont pas belles. C’est tout ce que les gens ont le droit d’en dire. »

« Ceux là se défendaient de prendre des responsabilités pour les banques ou les compagnies parce qu’ils étaient des hommes et des esclaves, tandis que les banques étaient à la fois des machines et des maitres. Il y avait des agents qui ressentaient quelque fierté d’être les esclaves de maitres si froids et si puissants. »

« Eh bien, tachez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer. »

« Vous qui n’aimez pas les changement et craignez les révolutions, séparez ces deux hommes accroupis, faites-les se haïr, se craindre, se soupçonner. Voilà le germe de ce que vous craignez. Voilà le zygote. Car le « j’ai perdu ma terre » a changé : une cellule s’est partagée en deux et de ce partage nait la chose que vous haïssez : « nous avons perdu notre terre ». C’est là qu’est le danger, car deux hommes ne sont pas si solitaires, si désemparés qu’un seul. Et de ce premier « nous » nait une chose plus redoutable : « j’ai encore un peu à manger » plus « je n’ai rien ». Si ce problème se résout par « nous avons assez à manger », la chose est en route, le mouvement a une direction. Une multiplication maintenant, et cette terre, ce tracteur sont à nous. Les deux hommes accroupis dans le fossé, le petit feu, le lard qui mijote dans une marmite unique, les femmes muettes, au regard fixe, derrière, les enfants qui écoutent de toute leur âme les mots que leurs cerveaux ne peuvent pas comprendre. La nuit tombe. Le bébé a froid. Tenez, prenez cette couverture. Elle est en laine. C’était la couverture de ma mère… Prenez-la pour votre bébé. Voilà ce qu’il faut bombarder. C’est le commencement… du « je » au « nous ». »

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