Pirouettes linguistiques et langage fleuri pour business reverdi

On a déjà tous eu affaire à cette belle langue fleurie du capital, qui arrive avec une facilité déconcertante à vider tous les mots de leur contenue pour parfois leur faire dire leur contraire…

On s’est habitués à entendre les différentes cotisations adoubées sous le nom de charges (les patronales, surtout…). Les usagers des services publics deviennent des clients, les manifestants grognent pendant que le gouvernement argumente, la contre-réforme devient réforme, le réfugié se mue en migrant,  on appelle gratuits des outils que l’on rémunère avec nos données personnelles… La liste est longue… L’écologie, loin d’avoir à être jalouse, a elle aussi son lot de mots vides… 

Petit cours de communication en développement durable avec le projet de base de loisir de Romainville.

A Romainville, en banlieue parisienne, la Forêt de la Corniche des Forts est menacée par un projet de base de loisir, dont les travaux doivent déboucher sur l’abattage de plus de 2 000 arbres (voir nos deux précédents articles ici et là). Mais le politicien (ici la Région Ile-de-France et la Mairie de Romainville) manie la langue de Molière à la perfection pour effectuer de magnifiques pirouettes, et faire passer des bulldozers pour de gentils lièvres gambadants…

Tout commença en 2010, lorsque la Région Ile-de-France décida de renommer son projet de Base de Plein Air et de Loisirs. On vit tout à coup surgir, au large, ce projet d’ « Ile de Loisirs« . Entre Robinson Crusoé et Peter Pan, on s’y imaginait déjà ! Mais ce n’était pas assez pour les éternels râleurs et insatisfaits, qui ne trouvaient pas la future île assez verte.

La Région décida alors de tenter une technique testée et approuvée par Copperfield lui même : proposer le même projet, mais avec des mots différents. Plus de solarium, tchouf, disparu, remplacé par une magnifique prairie. L’ancien sentier nord devient sentier forestier (plutôt clairsemé, on va dire).

Les tours de passe-passe s’accumulent, et l’adhésion commence à se faire ! On nous promet une « forêt naturelle sanctuarisée« . Le fait qu’elle ne bénéficie juridiquement d’aucune sanctuarisation ne compte pas, puisqu’on a écrit sur le beau panneau que si !

Ça y est, on y croit ! On est maintenant convaincus qu’un projet qui a obtenu une dérogation pour la destruction de 29 espèces protégées et de leur habitat est « une démarche respectueuse de la faune et de la flore« . C’est écrit sur le site internet de la région, pardi !

Sont forts, ces green-washeurs ! 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s