Editocrates : « Il faut sauver le soldat Macron »

Lundi dernier, 10 décembre 2018, Macron refait surface, après de longs jours d’absence. Tel un soldat en mission pour la France, il prend ses responsabilités, fait face à son destin. Le lendemain, les éditocrates se relayent pour saluer l’acte fort du président. 

« Ce qu’il fait, c’est une révolution ! »

Exaltés, enthousiastes, nos journalistes objectifs ne tarissent pas d’éloge sur l’habileté et le courage du soldat Macron : « Ce qu’il fait, c’est une révolution, il remet tout en cause » s’extasie Soazig Quemener devant un Yann Barthès scotché. « J’ai jamais vu un truc pareil », renchérit un Eric Brunet dans tous ses états. « C’est vraiment une réponse très forte ! »

D’autres gardent leur sang froid, sans toutefois réussir à cacher leur admiration : Pour Thierry Arnaud, le président a fait « des annonces économiques concrètes ». « Il a coché un peu toutes les cases […] il a fait le boulot », insiste Christophe Barbier…

Vous l’aurez compris, mission accomplie, tout le monde peut rentrer chez soi ! Les Gilets Jaunes ont eu ce qu’ils voulaient. « Moi qui ai été un Gilet Jaune depuis le début du mouvement, il me semble qu’il faut enlever les gilets jaunes, il faut les remettre dans la boite à gants, parce qu’on a eu une véritable réponse » nous avoue Brunet. Et nous, on est convaincus !

« A l’agora du débat démocratique, ils préfèrent l’ochlocratie, la dictature de la foule ! »

Mais voilà que déboulent sur les réseaux sociaux et sur les ronds-points une armée d’extrémistes, prêts à en découdre coûte que coûte ! Des gaulois réfractaires qui résistent encore et toujours.

Ils ne reculent devant rien : « Les commerçants sont menacés, la sécurité est menacée, d’une certaine manière, la République est questionnée. C’est quand même assez horrible, comme tableau », s’inquiète Jean-Michel Aphatie. « Est ce qu’il est légitime, responsable, démocratique, un peu sensé (un peu de plomb dans la cervelle) de continuer à appeler aux manifestations samedi ? » s’interroge-t-il [1].  « Il ne faut pas manifester dans les centres-villes, répond Barbier. Un mouvement responsable prendrait cette décision ».

Oui mais voilà : « Ils n’ont pas voulu désigner de responsable, donc ils sont irresponsables ». Pour Christophe, l’heure est grave : « A l’agora du débat démocratique, ils préfèrent l’ochlocratie, la dictature de la foule ! » [2]

Aïe, le mot est tombé, la terre s’ouvre sous nos pieds, devant ce danger dictatorial que représentent les Gilets Jaunes face aux ardents défenseurs de la démocratie.

Mais alors, que s’est-il passé chez les Gilets Jaunes, eux qui quelques jours avant n’étaient que de doux agneaux un peu benêt, qui « se battent sans réfléchir, sans penser, sans remettre en cause la démocratie » (Bruno Jeudy, le 8 décembre sur BFM [3]) ?

A croire que pour passer de brave peuple pas content à grand danger pour la démocratie, il suffit de ne pas être d’accord avec le président de la République et son bataillon d’éditorialistes néolibéraux…

Voici un petit florilège concocté par nos camarades d’Acrimed :

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