Médias de masse, story-telling et propagande (1)

Ce samedi 22 décembre avait lieu l’acte 6 du mouvement des gilets jaunes sur Paris. 

Très vite, une vidéo circule en boucle sur les grandes chaines d’info : celle de l’altercation, sur les Champs-Elysées entre trois policiers de la CSI (Compagnie d’Intervention et de Sécurisation) et des manifestants. 

Sur ces images, diffusées par Le Parisien, BFMTV, CNEWS, TF1, France Tv Info et autres, on voit clairement les trois motards se faire prendre à parti par une foule hystérique, prête à lyncher. L’un des policiers dégaine son arme, mais ne tire pas.

Les articles de presse se multiplient, dénonçant l’agression subie par ces policiers, et saluant le professionnalisme et le sang froid du policier ayant sortit son arme sans tirer. 

Suite à la sidération des journalistes, l’indignation collective sur les plateaux, s’ensuit la réaction judiciaire : le lendemain, le parquet de Paris ouvre une enquête pour « violences volontaires » commises sur les policiers [1].

Quoi de plus normal, aux vues de ces images ?

Seulement, voilà ! Toutes les images diffusées sur les médias sont des images tronquées… Car en effet, avec la version longue de la vidéo, l’histoire n’est plus la même.

Cet extrait vidéo, du même auteur, plus long, nous montre une autre vérité. Celle de quatre policiers lançant des grenades explosives de désencerclement sur une foule qui n’allait pas vers eux, avant de se rater dans leur tentative de fuite… La suite serait-elle donc une réaction à cette première agression ?

Si au moins les grands médias avaient eu l’honnêteté de diffuser cette vidéo, la question aurait pu être posée. On aurait pu se demander pourquoi avoir lancé ces grenades (de défense, rappelons-le) sur une foule qui, a priori, ne présentait pas de danger direct pour ces policiers. Y avait-il une autre raison, non visible sur les images ? Cette initiative était-elle celle  d’un policier à bout de nerfs, ou s’agissait-il d’ordres. On aurait pu s’interroger sur la dangerosité de ces grenades lancées dans la foule, grenades qui mutilent régulièrement des manifestants [2]. On aurait pu interroger les passants, les témoins. Bref, on aurait pu faire du journalisme…

Mais les médias de masse, encore une fois, ont préféré se vautrer dans le spectacle et le sensationnel, adhérer à la propagande d’Etat sans se poser de questions…

C’est vrai que l’image d’un policier agressé, seul contre tous, qui sort son arme mais garde son sang froid pour ne pas blesser la population, est plus vendeuse que celle de cowboys qui, après avoir lancé leurs grenades, foirent leur retraite et se retrouvent face à la foule…

Peu leur importe que l’association de protection des droits de l’Homme, Amnesty International, s’inquiète de la violence de la répression policière sur le mouvement des Gilets Jaunes [3]

L’important, c’est le story-telling ! 

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