« Peut-on punir des gens qui respectent la Loi ? » La question dont le gouvernement ne s’embarrasse plus.

Dans son édito matinal du 7 décembre sur BFMTV, Christophe Barbier soulève une nouvelle question… Les manifestants non violents seraient-ils responsables des violences, uniquement par leur présence ? 

 

« La Police trouve que la Justice est laxiste, la Justice dit que quand on [leur] ramène des gens, il n’y a pas suffisamment de preuves que ce sont eux qui ont commis des actes. Et puis il y a tous ceux qui sont autour ! »

Discrètement, en prenant soin de préciser qu’ « ils ne sont coupables de rien », Christophe Barbier présente alors les manifestants comme des facilitateurs de violence, puis des soutiens, et enfin des stimulateurs de celle-ci :

« Les manifestants qui sont autour des casseurs, ils ne font rien, ils ne sont coupables de rien. Mais par leur présence, ils facilitent la violence, ils font une sorte de coquille autour de ceux qui commettent les violences, et puis ils la cautionnent, voire ils l’encouragent, quand on les voit applaudir, comme sur les images devant le ministère. »

Embarqué sur terrain glissant, il finit par conclure : « Que faire contre ceux-là ? »

« Et puis il y a tous ceux qui sont autour […] Par leur présence, ils facilitent la violence, ils font une sorte de coquille autour de ceux qui commettent les violences, et puis ils la cautionnent, voire ils l’encouragent […] Que faire contre ceux-là ? »

Derrière une question qui pourrait passer pour une simple problématique de maintient de l’ordre, c’est en fait un question bien plus profonde qui est soulevée :

Comment rendre possible le fait de punir des gens qui respectent la loi ? Comment pouvoir continuer à prétendre défendre la démocratie tout en détruisant l’Etat de droit ? Comment, finalement, rendre impossible toute expression allant à l’encontre du pouvoir en place ?

Le gouvernement, lui, semble avoir arrêté depuis longtemps de se poser la question, pour verser dans l’application pragmatique qui lui est si chère. En effet, depuis plusieurs semaines, les droits fondamentaux sont toujours plus bafoués par les forces de l’ordre :

Gardes à vue massives à ciel ouvert [1], confiscation de matériel de soin [2], intimidation et mise en danger de journalistes [3] [4], tirs de flashball au visage [5], autant d’actions non légales  pourtant devenues monnaie courante. Et la liste est loin d’être exhaustive… 

Christophe Barbier intitule son édito ‘Un cap franchi dans la violence ». En lien, notamment, avec les images de l’attaque des bureaux de Benjamin Griveaux [6], ou encore celles des d’affrontements sur la passerelle Leopold Sedar Senghor [7]. Il s’inquiète de « la fin du monopole de la violence légitime » mais beaucoup moins de l’utilisation de ce monopole par l’Etat et le gouvernement actuel…

Car après tout, dans l’histoire, c’est le gouvernement la victime de sa propre bonté : « C’est l’échec de la démocratie par trop de démocratie. »

Un gouvernement qui semble d’ailleurs avoir également franchi un cap dans la perte de sa dignité.

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Benjamin Griveaux marque un magnifique point Godwin en dénonçant « l’esprit munichois » de ses opposants politiques [8] n’hésitant pas à quémander un peu de soutien après 20 mois d’arrogance et de mépris.

Christophe Castaner, lui, n’hésite pas à relayer la photographie du « boxeur gilet jaune » sur tweeter, oubliant qu’il est en poste au Ministère de l’Intérieur et non au Ministère de la Délation et du Populisme. Castaner semble également oublier que son poste ne lui confère pas le pouvoir de rendre la Justice en 280 caractères.

Mais c’est qu’au gouvernement, depuis Jupiter, on a du mal avec la notion de séparation des pouvoirs.

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