L’UE envoie-t-elle ses troupes pour casser du Gilet Jaune ?

« Je les ai entendu entre eux une langue que je ne connaissais pas », ou encore « ça se voyait, quand on s’adressait à eux, ils ne nous comprenaient pas »… Ces dernières semaines, les témoignages se sont multipliés sur les réseaux sociaux, au sein des groupes de Gilets Jaunes. Avec cette interrogation à la clé : Est-ce que la France a demandé de l’aide à ses voisins européens pour maintenir l’ordre ? 

« EuroGenFor » : C’est le mot, un peu râpeux, qui revient régulièrement dans les accusations.

De quoi il s’agit ?

Aussi connu sous le nom de FGE (Force de Gendarmerie Européenne), il s’agit d’une  « force multinationale, instituée par un Traité, opérationnelle, pré-organisée, robuste et rapidement projetable. Elle est uniquement constituée de forces de police à statut militaire »[1]

Regroupant les forces de l’ordre de sept pays : la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie et la Pologne, elle est notamment intervenue ces dernières années en Haïti, au Mali, en Bosnie ou encore en Afghanistan.

Selon Guy S. (nom modifié), spécialiste des systèmes de sécurité ayant travaillé plusieurs années avec la gendarmerie, « il n’y a pas de « Gendarmerie Européenne » à proprement parler, mais uniquement des gendarmes français et belges, des carabiniers italiens, des gardes civils espagnols, etc mis a disposition de l’Europe en raison de leur statuts particuliers de police militaire. » 

La FGE peut-elle intervenir en France ?

Selon le Ministère Français des Armées,  cette organisation « n’a pas de légitimité à intervenir sur le territoire de l’UE ». Elle peut « toutefois concourir, à partir d’un théâtre extérieur, à la sécurité intérieure de l’espace européen en contribuant à la lutte contre le terrorisme, les grands trafics illicites (êtres humains, drogues ou armes), ou bien encore les filières d’immigration illégale. » [2] Un cadre qui semble donc sortir du cadre des Gilets Jaunes.

« Il n’y a pas d’unités étrangères opérationnelles sur le territoire, ne serait ce que pour des raisons tactiques : méconnaissance du terrain, de la langue, des techniques, des procédures, des ordres etc », nous affirme Guy.

« Madame, il n’y a pas de gendarmes étrangers sur le sol français » répondait le 10 janvier dernier Sébastien Lecornu à une manifestante qui affirmait le contraire.

Mais alors, tous ces témoignages de gendarmes ne parlant pas la langue, ou avec des écuissons étranges, qu’est-ce qu’on en fait ?

« Tu pourras voir des gendarmes mobiles français avec le patch FGE soit parce qu’ils y sont ou ont été affectes a titre individuel (c’est le cas des spécialistes) soit parce que tout leur escadron l’est. Les forces de l’ordre accueillent régulièrement des stagiaires étrangers, ils peuvent assister au maintient de l’ordre avec le statut d’observateurs. Et c’est tout. » 

Un statut d’observateur, donc, mais pas d’intervention. Bon, c’est vrai que le statut d’observateur a été mis à mal depuis que Benalla est passé par là…

« C’est la Fake News garantie, souvent de source anti-européenne tendance libertarienne d’extrême-droite. » 

Et on ne peut pas lui donner tort, lorsque l’on voit par exemple que ce sont des sites internet comme Riposte Laïque [3], très à droite, ou ce blog [4], promettant une « information sans langue de bois », et soutien régulier de Salvini ou d’Orban dans ses publications, qui relayent ces informations.

Des informations complètement fausses.

Il serait idiot de condamner un site internet à cause d’une ligne éditoriale différente de la notre.

Mais force est de constater qu’ils manquent cruellement de rigueur… En effet, la photo à l’appuie de leur thèse date du 29 mai 2018, qui avait d’ailleurs déjà fait couler beaucoup d’encre pendant les manifestations étudiantes et cheminotes du printemps dernier.1126828-crs

Incriminé, l’écusson portant l’inscription « ΜΟΛΩΝ ΛΑΒΕ », en Français « viens les prendre ». Car si c’est écrit en grec, c’est que l’UE est derrière tout ça ! En fait non, il s’agit de la devise d’un lobby pro-arme américain. Cette histoire avait d’ailleurs déjà fait un tollé à l’époque. [5]

Comme quoi, en plus de manquer de rigueur, ils manquent aussi cruellement de mémoire.

Quant aux témoins affirmant que des gendarmes étrangers les avaient réprimés, photos à l’appuie, aucun de ceux que vous avons joint pour le moment n’a donné suite à notre demande de preuves. Affaire à suivre…

A notre avis, il y a déjà bien assez à redire sur la répression subie par les Gilets Jaunes de la part des forces de l’ordre françaises pour aller se chercher des ennemis ailleurs. 


Sources et liens :

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