500 000 Européens disent NON à l’huile de palme dans les carburants

Lundi 21 janvier, des militants écologistes de plusieurs ONG et associations se sont réunis devant les bureaux parisiens de la Commission Européenne, afin de remettre à ses représentants 500 000 signatures de citoyens européens, avec pour objectif la disparition de l’huile de palme dans les carburants.

Une pratique encore peu connue

Les problèmes environnementaux dus à la production d’huile de palme, et notamment la déforestation dans les zones tropicales [1], commence à être bien connue du grand public. Mais alors que la chasse est ouverte dans le domaine de l’alimentaire, encore quatre européens sur cinq ignorent qu’on la retrouve également dans le carburant.

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C’est d’ailleurs son utilisation majoritaire : Plus de la moitié de l’huile de palme importée en Europe (et jusqu’à 87 %, selon les sources [2]) finit dans nos réservoirs.

Un carburant loin d’être durable

Les biocarburants sont souvent présentés comme alternative à la raréfaction des énergies fossiles, et comme moins polluants.

Selon une étude de l’ONG Transport et Environnement, datant de 2016, les biocarburants pollueraient pourtant en moyenne 4% plus que ses homologues fossiles [3]. En cause, un effet indirect dû à la modification de l’utilisation des terres agricoles, qui diminuerait la capacité de stockage du carbone dans les sols.

Et lorsque l’on se penche sur le cas de l’huile de palme, le constat est catastrophique. Elle serait trois fois plus polluante et destructrice que les énergies fossiles. 

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Un chantage économique

Devant un constat aussi clair, pourquoi le débat n’est-il pas encore tranché ? Pour ce militant de l’ONG Canopée [4], la raison est avant tout économique :

« L’Union Européenne est en train de négocier un accord de libre échange avec l’Indonésie [5]. Ce qui, potentiellement, veut dire plus d’huile de palme qui rentre en Europe. Et il y a un chantage lancé par les pays producteurs pour dire : « Si vous interdisez l’huile de palme dans vos carburants, notre accord de libre échange sera remis en cause. » « 

Le Ministre du Commerce indonésien avait d’ailleurs précisé, l’été dernier, que ses achats d’avions Airbus seraient conditionnés par « l »autorisation pour ses entreprises de construire des sites de fabrication de kérosène à partir d’huile de palme aux Etats-Unis et en France. » [6]

Des décisions récentes encourageantes

Néanmoins, certains signaux politiques ont été assez encourageant ces derniers mois. En effet, à la fin de l’année 2018, les députés français sortaient l’huile de palme de la liste des biocarburants [7], la privant ainsi d’avantages fiscaux. Une décision qui n’a pas plu au gouvernement, qui avait autorisé quelques mois plus tôt Total à ouvrir une grande raffinerie sur le territoire [8], lui permettant ainsi d’importer au moins 300 000 tonnes d’huile par an.

Au début de l’année 2018, le Parlement Européen faisait un premier geste en votant un texte menant à l’arrêt des subventions pour l’utilisation de l’huile de palme  dans les transports, et sa disparition  à l’horizon 2030 [9].

C’est maintenant à la Commission Européenne de légiférer avant le 1er février 2019, afin d’entériner la décision.

La nécessité d’un positionnement ferme de la part de l’Union Européenne

« On est vraiment à un tournant. Si la Commission Européenne repart pour 10 ans avec un message flou, l’aéronautique va s’engouffrer dans la brèche. Si on ne met pas un terme à ça, demain, c’est dans les avions qu’on va retrouver l’huile de palme. Et là, il ne restera plus un seul arbre en Indonésie et en Malaisie… »

En effet, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) prévoit, à l’horizon 2050, de s’approvisionner à 50% en bio-carburant [10]. Ce qui triplerait la demande d’huile de palme.

« C’est important d’être ferme dans les revendications : Plus d’huile de palme du tout, qu’elle soit durable ou pas durable, c’est pas ça le problème. Il n’y a pas assez de place. »

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Pour ces militants, la solution n’est pas la substitution, mais bien la baisse de la consommation.

« Remplacer des énergies fossiles par du biocarburant, ça ne peut pas marcher. Il  faut consommer moins. Et même au niveau de la voiture. Il faut développer les transports en commun, les covoiturages, il y a plein de solutions pour s’attaquer au nœud du problème qui est la surconsommation de carburant. » 

Dans les semaines qui viennent, la Commission Européenne devra alors faire un choix clair entre intérêt écologique et intérêt économique. 


Pour signer la pétition : https://urlz.fr/8HBs

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