Des Gilets Jaunes s’installent dans le Haut Montreuil

Montreuil, le 29 janvier 2019

A Montreuil, les Gilets Jaunes sont déjà bien installés. Depuis la 11 décembre, un point fixe a été mis en place à la Croix de Chavaux tous les après-midi. Aujourd’hui, c’est dans un autre quartier de la ville, à la Boissière, qu’un petit groupe de Gilets Jaunes a décidé de planter ses piquets.

15H30 – Trois tréteaux, une planche, un barnum, et des litres de café. Le nouveau point est installé devant le LCL. « Oh, y’a des Gilets Jaunes », s’étonnent des enfants qui sortent de l’école, peu habitués à voir ce spectacle par ici.

La Boissière fait partie du Haut Montreuil, séparé de la Croix de Chavaux et de la Mairie par l’autoroute A186, délaissé par le métro. La population n’est pas la même que dans le Montreuil gentrifié ; plus d’immigrés, plus de pauvreté. Mais une vie de quartier solide :

« Ici, quand t’as pas d’argent pour acheter le pain, ou le kebab, y’a quelqu’un pour te le payer, ou alors le commerçant te fait crédit, te dit que tu payeras demain. Y’a pas de problème ! » nous décrit un riverain.

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Sous le barnum, la foule ne s’amasse pas, mais l’ambiance se fait chaleureuse. Des habitants du quartier s’arrêtent prendre le café, discutent avec les Gilets Jaunes, croisent leurs amis qui s’arrêtent à leur tour…

Beaucoup nous décrivent la même réalité, de la femme au foyer au petit commerçant : « On arrive plus à s’en sortir. »

« Ils me prenaient trop de commission sur les payements en carte ! Ils m’ont dit qu’ils la baisseraient si je faisais plus de 30 000 € de chiffre d’affaire par mois. Mais moi je vends pas des Mercedes, je vends du poulet ! Alors j’ai arrêté de prendre la carte dans mon magasin. Parfois, il y a des clients qui râlent, mais je leur explique. Et puis au moins je donne plus d’argent aux banques ! »

« Moi je suis femme au foyer, j’ai trois enfants à élever. Mon mari a perdu son travail il y a quelques mois, et il arrive pas à en retrouver. Alors pour nous, c’est très difficile. Déjà le 10 du mois on se retrouve sans rien ! »

« J’étais tenancier, avant. Mais maintenant, j’ai des problèmes de santé, je peux plus travailler. Alors je touche la pension d’invalidité. Eh bah ça fait un an que j’ai rien reçu. Alors que je dois continuer à payer le loyer, la nourriture, et tout ça. Comment je fais moi ? Heureusement, j’ai des amis qui m’aident, et mes fils. Eux ils magouillent, ils essayent de s’en sortir comme ils peuvent. Mais si ils se font chopper, c’est eux qu’on ira mettre en tôle, pas les gens qui les ont mis dans cette situation, pas les gens qui détournent des millions ! »

Dans cette vague de problème, le mouvement des Gilets Jaunes semble pour certains être une petite bouffée d’oxygène. 

« J’avais mis mon Gilet Jaune sur la devanture de ma boutique tout le mois de décembre. Je l’ai enlevé maintenant, j’ai pas envie que l’URSSAF vienne m’emmerder. Mais je suis toujours un Gilet Jaune ! »

« Moi, personnellement, c’est la première fois que je suis fier de faire partie d’une société. On critique tout le temps les Français, mais eux, au moins, ils se laissent pas faire ! On vous soutient. »

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18H30 – La nuit est tombée, le vent souffle, et les pieds commencent à geler. Les Gilets Jaunes remballent le matériel. Certains habitants du quartier sont toujours là :

« Bon, la prochaine fois que vous venez, je ramène une grande marmite de couscous, ça va tous nous réchauffer ! » 

Le rendez-vous est pris ! Prochain piquet le mercredi 6 février après-midi. Et d’ici là, un départ commun en manifestation le samedi !

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