Sur le campus universitaire de Strasbourg, les royalistes d’extrême-droite multiplient les intimidations et les violences

Des inscriptions nazies et pro-suprémacisme blanc en novembre, déjà plusieurs agressions d’étudiants en décembre. A l’Université de Strasbourg, les groupuscules d’extrême-droite multiplient les intimidations et les violences. 

 

Campus universitaire de Strasbourg, 17 décembre 2019

« Les gars, y’a Tom* qui se fait suivre par des fafs! »

Cet après-midi, après la manifestation contre la réforme des retraite et juste avant l’AG inter-professionnelle, un petit groupe de jeunes part en courant vers un bâtiment.

« Faites attention à vous ! » leur crie un agent de sécurité du campus, qui communique avec ses collègues par talkie-walkie.

Lorsqu’on arrive devant le bâtiment, une étudiante d’une petite vingtaine d’années nous raconte la scène. « Ils l’ont suivi alors qu’il quittait la manif’. Il a réussi à s’enfermer. Là, la sécu est en train de le faire sortir par derrière. » 

Une version des faits qui nous sera confirmée par un des agents. Finalement, Tom ressort sauf, très vite entouré d’une dizaine de ses camarades.

« On les connait, c’est des fachos de l’A.F** ! Moi, après la dernière manif, il y en a un qui m’a cassé la gueule devant chez moi » raconte Mélanie*, un coquart à l’œil droit.

Jeudi dernier, déjà, une quinzaine de personnes encagoulées étaient venues agresser des élèves qui bloquaient un accès à l’université, demandant la banalisation des cours pour pouvoir manifester contre la réforme des retraites et contre la précarité étudiante. Une action revendiquée rapidement par l’Action Française, qui annonçant avoir voulu  «briser le blocage» de l’université.

« C’est des conneries ça, des excuses ! On les connait très bien ces mecs. Ils se présentent en défenseurs du droit à étudier, mais ils en ont rien à foutre de ça ! La majorité n’est même pas à la fac. Ils viennent juste se défouler et casser du gaucho, et faire régner la peur. » nous raconte Olivier*, qui a déjà eu affaire à l’Action Française en 2017, lors du blocage du campus universitaire de Clignancourt, à Paris. A l’époque, ils étaient venus à une dizaine, encagoulés, proposer gentiment à une élève mobilisée contre la réforme Parcoursup de la violer à plusieurs.

Et la peur, elle est bien présente. Le soir précédent, lors d’une réunion, un étudiant s’énerve : « Ceux qui font des live facebook, arrêtez de prendre les visages, putain ! Vous nous mettez en danger. Il y a des fachos qui n’attendent que ça, qui nous recherchent sur les réseaux sociaux, pour pouvoir nous casser la gueule. Alors filmez les pieds, les torses, mais arrêtez de filmer nos visages ! »

De la peur, oui, mais de la détermination aussi. Aujourd’hui à midi, devant le patio de l’université, plusieurs centaines d’étudiants se sont rassemblés pour manifester contre la montée de l’extrême-droite et contre la présence de groupuscules néo-nazis sur la fac, avant de rejoindre la manifestation contre la réforme des retraites.

En AG, un professeur prend la parole : « Il faut qu’on réagisse, là, c’est grave ! Jusqu’à quand on va laisser des enragés taper sur nos élèves ? »

Oui, jusqu’à quand ? 

* tous les prénoms ont été modifiés
** Action Française, mouvement politique nationaliste et royaliste d’extrême-droite.

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