Une fête de soutien aux grévistes organisée à Strasbourg

Pour ce jeudi 19 décembre, le parcours était déposé à la Mairie, et les camions de CRS prêts sur la place de la Bourse. Après la démonstration de force de mardi, où plus de 10 000 personnes avaient défilé dans les rues de Strasbourg contre la réforme des retraites, on s’attendait à une autre manifestation, moins nombreuse. Mais l’assemblée inter-secteurs a changé les plans, pour organiser une fête de soutien aux grévistes, devant la Gare. 

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« On demande l’autorisation ?
– Deux jours avant ? C’est sûr qu’on l’aura pas. Et si ils déclinent notre demande, ils pourront nous interdire d’y aller.
– Bon, bah on y va comme ça alors ! »

Mardi soir, suite à l’AG inter-secteurs, la deuxième organisée à Strasbourg, un petit groupe se réunit pour organiser la fête de soutien aux grévistes.

« Il faut qu’on rassemble un maximum de secteurs. Il y a déjà les Gilets Jaunes, l’éducation, les étudiants, les finances publiques. Il nous faudrait d’autres gens, faire marcher les contacts. »

Deux jours après, c’est chose faite. A côté des stands des secteurs cités juste au dessus, s’installent les cheminots, les archéologues, et des street-médic. Et c’est parti pour trois heures de discussions animées, de distribution de tract, d’information, autour d’un café, d’une part de gâteau ou d’un verre de vin chaud. Il y a même un chamboule-ton-Macron ! Les étudiants, eux, distribuent des points retraite. Qui a dit que Noël était annulé ?

 

« C’est bien ces moments, ça permet de créer des passerelles entre les secteurs en lutte, de discuter, de connaitre aussi les revendications des autres, imaginer les revendications communes qu’on pourra porter une fois qu’on aura obtenu le retrait de la réforme, penser à la suite. Et puis, dans l’immédiat, se soutenir, parce que la grève, c’est dur ! »

En dehors de se retrouver pour se soutenir, et d’alimenter un peu les caisses de grèves, le but, c’est de sensibiliser les gens qui ne sont pas encore impliquées, ou pas au courant. De convaincre. C’est pour ça que la place de la Gare, passante, a été choisie… Et la tâche est ardue.

Pour Thomas*, gilets jaune sur le dos, « il y a des gens qui viennent voir, qui viennent poser des questions, mais bon, la plupart du temps, c’est quand même des gens déjà d’accord avec nous. Après, ça peut, peut-être, quand même encourager des personnes convaincues mais pas mobilisées à rejoindre la lutte active. » 

La nuit tombe, et la journée s’achève par la prise de parole de chaque secteur. Le même mot d’ordre revient : Élargir la grève, s’unifier, et ne pas lâcher avant le retrait pur et simple du projet de réforme. 

Puis les stands sont démontés, la place laissée nette.

« Bah tu vois, ça servait à rien de déclarer l’événement en Mairie..
-Eh ouais. Pas de flics, pas de problèmes, hein ? »

On ironise, bien sûr… Enfin, presque.


* prénom modifié

Suite à la multiplication des agressions d’étudiants mobilisés par des militants d’extrême droite, nous avons décidé de cacher leur visages sur nos photos. Alors c’est pas beau, mais ça permet d’esquiver les tarés !

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